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Comprendre l'expérience douloureuse des règles et de l'enfantement


Héloïse : "9 ans c’est l’âge où je suis devenue une femme.

Le sang coulait abondamment dans un chaos incompréhensible du corps et de l’être. J’avais beau avoir été prévenue, c’était trop tôt. C’était trop tôt pour l’enfant que j’étais, qui avait envie de jouer encore, de rire et de vivre ces quelques années d’enfance, insouciante - encore - un peu.

L’odeur, la couleur et le goût du sang étaient les punitions chaque mois de ma vie, l’attente de ces quelques jours était vécus comme une restriction de tout amusement. La vie, elle s’arrêtait pour moi… quand ma culotte était marquée de sang.


Infantilisée avec la serviette hygiénique comme une petite couche pour me rendre propre mais souvent odorante, écorchée par le tampon rugueux plus ou moins bien enfoncé comme un objet inconnu, modernisée avec la cup débordante possiblement coincée par effet ventouse, j’ai coupé pendant longtemps toute sensation dans mon corps pendant ces quelques jours. Je me mettais en pause, un arrêt sur ma vie pour ne pas sentir, ni regarder. Depuis mes 9 ans, j’ai hurlé chaque mois au plus profond de mon être : « Putain j’ai mes règles, fait chier !! » comme une fatalité indomptable.


Et ces mots lourds, pesants : avoir ses règles, comme si je devais suivre ces règles pour toujours. Les menstruations, ce mot résonne avec « monstre » - comme s’il s’invitait chaque mois. Un jour dans ma douzième année, j’ai découvert que j'étais « indisposée », synonyme : « souffrante » ! Comment ne pas vivre ses règles comme une épreuve si déjà les mots employés résonnent comme tels!

Alors pendant de nombreuses années, ces quelques jours dans le mois mettaient mon corps en souffrance de par l’odeur, le gout et la couleur - sans parler des douleurs.


Et oui les douleurs! J’étais chanceuse par rapport à certaines, mais quand même : les maux de tête, cette sensation d’être comprimée ou écartelée dans le bas ventre et le bas du dos et cette énorme fatigue.

Je ne demandais pas à être plainte, je demandais à être comprise et surtout à comprendre pourquoi cette souffrance. »



David : " Lorsque le sujet des règles est abordé, on a trop tendance à se focaliser sur la douleur physique et sur le tourbillon hormonal. On en oubli que cela peut générer un sentiment de honte qui peut enfermer dans un mal être.

Il s'agit d'une problématique sur laquelle je me suis déjà penché lors de mes thérapies. En retraçant l'origine des douleurs, je retrouve souvent des similitudes. Dans la grande majorité des perturbations, le conflit programmant a une souche liée au transgénérationnel (héritage familial) ou aux problèmes karmiques de nos vies passées. En décodage de maladies, le bas ventre vous dit " attention aux règles, elles sont synonymes d'un mauvais souvenir, un souvenir douloureux ! ".

Le terme dysménorrhée désigne les troubles menstruels en général mais on l’utilise communément pour parler des douleurs au bas de l’abdomen qui précèdent ou accompagnent les règles. Les douleurs menstruelles touchent de 50 % à 80 % des femmes fécondes, selon le groupe d’âge. De ce nombre, de 5 % à 15 % des femmes sont suffisamment incommodées pour devoir modifier leurs activités quotidiennes "

La souffrance est un langage du corps qui nous indique que ces blessures sont encore présentes et surtout actives. Le corps porte des informations hormonales qui amplifient les émotions et qui le relient à des blocages, des traumatismes qui se sont cumulés au fur et à mesure. En théorie, c'est moins facile d'être une femme qu'un homme et cela dépasse largement la sensibilité ou la place des femmes dans toutes les sociétés.

En remontant à travers ces différentes " mauvaises expériences " que j'ai pu constater dans les mémoires ADN, je les range en 3 catégories avec une distinction temporelle qui se situe avant, pendant et après l'accouchement :


- Avant l’accouchement : des conflits liés au genre, donc le fait d'être un individu de sexe féminin. Le genre transporte dans l'ADN des mémoires traumatiques de soumissions, à cause de la socialisation, l'impact de vivre en société, notre culture, nos mœurs et coutumes... Devoir se plier à des règles et à la domination des hommes depuis des milliers d'années. Le patriarcat impose des obligations qui entraînent des sentiments de honte, de culpabilité et de colère (refoulée). Les menstruations sont une perte de contrôle car (normalement) on ne peut pas maîtriser leur arrivée. La reconnexion à la lune, lorsque c'est la première fois qu'elles arrivent, marque le passage imposé vers la sexualité, les femmes deviennent fécondes et ainsi prêtes à être mariées, à se reproduire, souvent au fil des siècles et dans de nombreuses civilisations encore, sans leur consentement. Le rapport sexuel est alors vécu comme un viol, une pénétration dans l'intimité sans avoir été au préalable préparée. La sexualité étant vécu comme un tabou, le silence se transforme alors en violent secret. C'est le manque de communication qui empêche d'évacuer les blessures et entraîne une somatisation. Aussi, le mariage arrangé ou forcé, selon le point de vue, peut être vécu comme la mort imposée de l'enfant intérieur, ce qui est amplifié par des croyances de péchés liés au sexe et la sensation d'être sale. C'est le devoir d'assumer sa féminité et les obligations qui vont avec, parfois alourdi par le regard trop pesant de certains hommes.

Les règles portent tout le poids de l'humiliation des femmes à travers le temps. Le sang nous rappelle la guerre mais aussi la pureté de la virginité. L'impureté est largement influencée par des projections injustes et autres idées reçues, principalement à cause des hommes. Combien de civilisations exposent encore fièrement le drap nuptial tâché de sang pour prouver la pureté de la femme ?

Cela tourne encore autour d'un sentiment de honte, de culpabilité, de peur d'être jugé coupable et de soumission pour la victime. En régression sur les mémoires karmiques, je trouve par exemple des cas d'enfantements par la force, des viols, des mariages non consentis, des déséquilibres sexuels, de la dualité, des conflits imposés, de la solitude, de l'isolement et un manque de communication...

Il y a une notion de dépendance à l'homme ou au pouvoir, différentes formes de pression sociale, familiale, maritale qui ne respectent pas le libre arbitre de la femme.



- L'accouchement : des conflits liés à l'enfantement. Avoir ses règles est le rappel de l'obligation d'enfanter. Du point de vue biologique, il est vrai que la conception de l'enfant tient du miracle de la vie. Avoir un enfant, c'est presque un besoin vital, pourtant les femmes ont accouché pendant des milliers d'années sans l'assistance médicale pour atténuer les douleurs, et nombreuses sont celles qui sont mortes en couche. Dans le monde, en 2020, toutes les 11 secondes, une mère en couche ou un nouveau-né décède et ce chiffre était bien plus important par la passé. Toutes les femmes portent encore des stigmates dans leurs gènes, des seins de l’allaitement jusqu'au bas ventre abîmé. L'enfantement fut longtemps synonyme de risque de complications et de danger de mort, aussi bien pour la femme enceinte que pour son bébé. Ces craintes continuent d'être alimentés par les femmes qui vivent des accouchements douloureux et transfèrent leur angoisses à travers le témoignage de leur calvaire. Ces craintes s’accentuent aussi tout au long de la grossesse et se transmettent à l'enfant, tel un cycle sans fin. Toujours à l’affût d’insécurité, il semblerait que l'inconscient retienne plus facilement ce qui fait peur, que la joie de mettre au monde l'enfant porté pendant des mois.

En régression, je trouve souvent des blessures sur des femmes réduites à leur fonction sexuelle de fécondité uniquement. On peut trouver en reliance des mémoires traumatiques de pertes d'enfants, d'accouchements douloureux ou entraînant la mort, d'enfants non désirés, d'avortements, d'enfants prématurés, handicapés ou mal-formés... finalement les troubles menstruels nous rappellent symboliquement chaque mois qu'il peut être douloureux d'être une femme, aussi bien physiquement que moralement et que l'accouchement est l’apogée d'une épreuve émotionnelle !


- Après l'accouchement : des conflits liés à la pression d'être parent. Si avoir ses règles est le rappel de l'obligation d'enfanter, c'est également le rappel d'avoir manqué l'occasion d'être mère ! "Chaque mois, je peux vivre une déception car je n'ai pas été capable d'assurer cette survie qui est pourtant programmée génétiquement. Je n'ai pas été capable de jouer mon rôle de femme que je m'impose à cause de cette horloge biologique qui me presse."

Ce ne sont pas seulement les familles, les amis, les médias et la société en général qui mettent la pression, il y a, en plus, quelque chose de primitif, lié à la survie de l'espèce et de ses lignées. Les mamans sont les premières à donner l'impression aux femmes sans enfant que le fait d'être mère donne un sens à l'existence, comme une sublimation de la satisfaction d'avoir combler ce besoin primitif, ce qui alimente les complexes de celles qui ne sont pas mères. Même dans nos sociétés modernes, cela relève presque du défi de ne pas vouloir d'enfant tellement l'environnement tout entier nous y pousse. La naissance marque une étape conflictuelle importante, c'est à partir de ce moment que la pression d'être parent et le stress d'élever l'enfant, dans les meilleurs conditions, prennent de l'ampleur. Toutes les expériences douloureuses de l'enfant laisseront des blessures qui vont cristalliser chez les parents. Et même s'il n'arrive rien à l'enfant, il y aura tout au long de notre vie des périodes de peurs et d'angoisses.

Lors de mes régressions thérapeutiques, il y a souvent des mémoires de stress et une forte pression pour subvenir aux besoins primaires de l'enfant. Il y a aussi la charge de devoir assurer la survie de notre progéniture sur le long terme. Tout l'appareil reproductif féminin peut garder en mémoire un lien négatif avec des événements qui concernent l'enfant. Ainsi, les règles douloureuses peuvent être une réaction du corps pour rappeler la présence active d'un conflit non résolu. Par exemple la perte d'enfant, une dispute qui a coupé un lien positif, une rupture relationnelle non digérée... Être parents, c'est accepter de profonds changements et des nouvelles responsabilités qui changent la trajectoire de vie pour toujours.



Pour guérir ses douleurs, on peut essayer d'être en harmonie avec ses propres désirs et surtout ne pas accepter ce que nous impose l'ensemble de notre environnement, ne plus être soumise " aux règles ". Toujours se poser la question : qu'est ce que je veux vraiment ? L'enfantement devrait être une liberté de choix, pas une obligation et surtout une décision mûrement réfléchie qui se prend à deux ! D'un autre coté, beaucoup d' hommes n'ont pas leur mot à dire car c'est la femme qui porte l'enfant. Mes thérapies me permettent de mettre en relief chez les patients, un déséquilibre quant aux rôles attendus de chacun des parents.

Il est bon de purifier ses mémoires, casser ses idées reçues, ses pensées limitantes qui relient les règles à la douleur, la honte, la culpabilité et l’impureté. Ce sont des reprogrammations que je réalise lors de mes soins, une réparation qui pourrait être évitée grâce au rôle de retransmission et d'accompagnement que peuvent jouer les mamans, en rassurant l'enfant tout au long de son évolution de femme, sans tabous, sans non-dits. Il est important de libérer ces mémoires traumatiques et même de l'inconscient collectif, afin de libérer toutes les femmes de cette peur de souffrance de l'accouchement. Et si elles avaient toujours été préparées à ce passage en douceur et en conscience ? Prendre le temps d'aider les générations suivantes pour casser ce cycle karmique de souffrance de l'accouchement et les rassurer dans leur éventuel futur rôle de parent ! Ce travail devrait aussi passer par les hommes afin qu'ils puissent aussi être impliqués, présents, acteurs dans cette aide au changement et par la suite plus facilement trouver leur place dans le foyer familial.

On peut aussi mettre de la douceur, en réglant ses conflits avec l'autorité, les hommes et ce qu'ils représentent c'est-à-dire le pouvoir et les obligations. Il est important de se sentir libre, libre de son destin ! Accepter aussi son corps et tout simplement le fait d'être une femme, ce qui peut passer par une réconciliation avec son corps de femme. Une reconnexion avec son féminin sacrée permet de prendre un chemin qui mène vers l'amour de soi, dans une recherche de paix et d'unité. Quand on y réfléchit, qu'y a t'il de plus beau que d'avoir le choix de pouvoir porter la vie ? "



Héloïse : «  L’acceptation a été une des étapes les plus importantes de ma féminité. La compréhension des conditionnements arriérés de cette société patriarcale et bien évidement de mes propres blessures émotionnelles & karmiques m’a permis de libérer mes mécanismes de culpabilité, de honte, de colère et de trouver de la douceur dans ces quelques jours de nettoyage. Je laisse mon corps fleurir et redonner cycliquement à la terre ma fertilité. J’ai décidé d’utiliser un autre langage : ma semaine fleurie devient un sourire magique dans mon être. Je suis une femme, je porte la vie, j’ai cette chance incroyable de pouvoir me nettoyer de toutes les toxines et impuretés accumulées - alimentaires, énergétiques, émotionnelles- chaque mois. Je sens le sang qui coule, je régule mes flux par l’écoute de mon corps, je ressens l’abondance de la vie. J’accepte ce reset en accord avec les phases de la lune, et je laisse mon être me chuchoter les douceurs de la création de l’univers et la force de ma féminité. » 



David ANTUNES

Héloïse CUILLERIER

Crédit photos - ©David Antunes

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